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SyphilisIntroduction

Les IST d’origine bactérienne progressent en France depuis les années 2000.

C’est le cas depuis 1998 pour la gonococcie (« chaude pisse ») ; 2000 pour la Syphilis et 2003 pour la lymphogranulomatose vénérienne (LGV).

En raison de leur progression et de leur rôle dans la transmission du VIH (SIDA) une surveillance épidémiologique a été instaurée afin d’aider la mise en place d’actions d’évaluation et de prévention.

Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH n° 41-42) de Santé publique en France publie ce 29 novembre 2016 les dernières tendances de ces infections. Ce qu'il en ressort : les IST bactériennes gagnent du terrain en France !

 

Epidémiologie

L’incidence annuelle de l’infection à Chlamydia trachomatis a été estimée à environ 77 000 cas, soit un taux de 257/100 000 personnes de 15 à 49 ans, et celle des gonococcies à environ 15 000 cas en France, soit un taux d’incidence de 39/100 000 personnes de 15 à 59 ans.

Les dernières données publiées montrent une nette augmentation des cas d’IST bactériennes ces dernières années.

 

Infections à Chlamydiae

Entre 2013 et 2015, le nombre d’infections à Chlamydia déclarées a augmenté de 10%. Cette hausse est plus marquée chez les hommes (hausse de 19% versus 8% chez les femmes) ainsi que dans les autres régions métropolitaines qu’en Ile-de-France (baisse de 1,5% versus hausse de 15% hors Ile-de-France).

En 2015, 64% des cas de Chlamydiae ont été diagnostiqués chez des femmes. Les classes d’âge les plus concernées étaient les 15-24 ans chez les femmes (65%) et les 20-29 ans chez les hommes (61%).

Environ 45% des patients ne présentaient aucun symptôme au moment du diagnostic (infections asymptomatiques).

Les principaux types de prélèvements à partir desquels ont été diagnostiquées ces infections sont le prélèvement urinaire chez les hommes (76%) et le prélèvement vaginal chez les femmes (82%).

BEH 2015 Chlamydiae

Évolution du nombre d’infections uro-génitales à Chlamydia selon le sexe. Réseau Rénachla, France,
2000-2015 Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire N° 41-42 - 29 novembre 2016

 

Lymphogranulomatoses vénériennes rectales (LVR)

Ce nombre a augmenté de 47% entre 2013 et 2015, touchant quasi-exclusivement des hommes qui des rapports sexuels avec des hommes (98% des cas rapportés des LVR).

Le taux de co-infection par le VIH est très élevé : 76% des patients déclarés en 2015 étaient des séropositifs connus.

 

Gonococcies

Entre 2013 et 2015, le nombre de gonococcies a augmenté d’environ 100% chez les HSH, de 32% chez les femmes hétérosexuelles et de 8% chez les hommes hétérosexuels. L’augmentation est observée aussi bien en Île-de-France que dans les autres régions métropolitaines.

Parmi les gonococcies rapportées en 2015, 68% concernaient des HSH. Les classes d’âges les plus touchées étaient les 20-29 ans chez les femmes (57%) et les 20-39 chez les hommes (76%). L’âge médian au diagnostic était de 29 ans chez les HSH, de 25 ans chez les hommes hétérosexuels et de 21 ans chez les femmes hétérosexuelles.

La proportion de co-infections par le VIH, de l’ordre de 11% en 2015. Elle est plus importante chez les HSH (17%).

En 2015, le niveau de la résistance des souches à la Tétracycline (45%) ou à la Ciprofloxacine (40%) est resté très élevé. La proportion de souches résistantes au Céfixime a diminué entre 2013 (1,7%) et 2015 (0,3%). La Ceftriaxone constitue le traitement de référence. Aucune souche résistante à cet antibiotique n’a été isolée en France depuis 2011.

 

Syphilis précoces (de moins d’un an)

Le nombre de syphilis précoces a augmenté de 56% chez les HSH entre 2013 et 2015. Chez les hétérosexuels ce nombre a augmenté de 85% chez les femmes et 75% chez les hommes durant cette même période.

L’augmentation du nombre de cas est très marquée dans les régions métropolitaines hors Île-de-France, quelle que soit l’orientation sexuelle des patients.

La répartition des stades de la syphilis (25% de syphilis primaires, 37% de secondaires et 38% de latentes précoces) est stable depuis le début de la surveillance. Parmi les patients déclarés pour une syphilis précoce en 2015, 84% étaient des HSH, les femmes ne représentant que 5% des cas rapportés. Les hommes de 20-49 ans étaient les plus concernés (78%), quelle que soit l’orientation sexuelle, tandis que la majorité des femmes avaient moins de 29 ans (53%).

Le niveau de co-infections par le VIH reste très élevé malgré une diminution observée en 2015, la part de patients co-infectés par une syphilis et le VIH étant d’environ un quart en 2015 contre un tiers en 2014. La majorité des patients co-infectés par le VIH était déjà informée de leur séropositivité, 2% seulement l’ayant découverte lors du diagnostic de la syphilis. Ces co-infections étaient plus fréquentes chez les HSH (25% versus respectivement 12% et 2% chez les hommes et femmes hétérosexuels en 2015).

BEH 2015 Syphilis

Évolution du nombre de cas de syphilis récente selon l’orientation sexuelle. Réseau RésIST, France,
2000-2015 Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire N° 41-42 - 29 novembre 2016

 

Conclusions

Les IST continuent d’augmenter en France d’une manière particulièrement importante chez les HSH, en lien avec une augmentation des comportements sexuels à risque dans cette population.

Face à ces constats et dans un contexte de prévention différenciée vis-à-vis du VIH, où le préservatif n’est plus le seul outil de prévention, un dépistage précoce des patients et de leurs partenaires suivi d’un traitement rapide est indispensable pour interrompre la transmission des IST.

Depuis 2011, le nombre de cas de HIV stagne, alors que les IST bactériennes continuent leur augmentation.

Cela est probablement dû au fait que ces IST sont moins bien connues du grand public, et notamment le fait qu’elles se transmettent plus facilement que le VIH, lors d’une fellation, d’un rapport anal ou d’un rapport génital.

L’utilisation du préservatif est insuffisance et devrait être renforcée.

 

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Sources

Bulletin épidémiologique hebdomadaire N° 41-42 - 29 novembre 2016

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