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IVGGénéralités

Un rapport de la Direction des Etudes et Statistiques du ministère de la Santé (Drees) publié en juin 2014, bien que provisoire, montre une hausse de 4,7% (soit environ 10 000 cas supplémentaires) du nombre d’interruptions médicales de grossesse (IVG) en France par rapport à 2012, alors que ce taux était resté stable depuis une dizaine d’années.

Mais que donc s’est-il passé en 2013 pour expliquer cette hausse ???

 

Historique

En France, l’IVG a été temporairement autorisée par la loi du 17 janvier 1975, dite « loi Veil », reconduite en 1979 puis définitivement légalisée le 1er janvier 1983.

La technique médicamenteuse est autorisée depuis 1989. Elle est autorisée jusqu’au terme de 7 semaines d’aménorrhée. Les médecins sont autorisés à pratiquer cette intervention dans leur cabinet depuis juillet 2004.

L’IVG est autorisée jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée, mais si la décision est prise, mieux vaut la faire le plus tôt possible afin d’en réduire les risques.

Depuis le 31 mars 2013, l’IVG est prise en charge à 100% par l’Assurance maladie ainsi que les contraceptifs remboursables (pilules de 1ère et 2ème génération ; implants contraceptifs hormonaux et stérilets) pour les jeunes filles de 15 à 18 ans sur présentation d’une ordonnance et de la carte vitale des parents.

 

Quelques chiffres

Selon les données de la Drees, le nombre d’IVG est passé de 207 000 en 2012 à 217 000 en 2013 en France Métropole, soit environ 10 000 IVG supplémentaires.

En 2012 toujours, le taux de recours à l’IVG est de 14,5 IVG pour 1 000 femmes en Métropole. Il est le plus élevé dans la tranche d’âge de 20 à 24 ans où il passe à 27 ivg pour 1 000 femmes. Ce taux est également proportionnellement plus élevé dans les DOM ainsi que dans les régions Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les IVG médicamenteuses représentent 49% des IVG réalisées en établissement et 57% du total des IVG en Métropole (les IVG chirurgicales représentent donc 43% du total des IVG).

Les IVG pratiquées hors établissement de soins représentent 15% du total des IVG en Métropole.

Le nombre moyen d’IVG pour une femme âgée de 15 à 49 ans est estimé à 0,52.

 

La contraception d’urgence

Depuis son accessibilité en pharmacie sans nécessité de prescription médicale (juin 1999), la contraception d’urgence s’est fortement développée. Depuis 2005, 1,2 millions de pilules du lendemain (prises jusqu’à 72h après un rapport non protégé) et du surlendemain (prises jusqu’à 120h après le rapport non protégé) sont vendues chaque année. La part revenant aux pilules du surlendemain est passée de 33 000 boites en 2009, année de leur mise sur le marché, à 46 000 boites en 2013.

Il est à rappeler que la contraception d’urgence n’est pas efficace à 100% et est moins fiable qu’une contraception hormonale régulière ou que le stérilet.

 

Comment expliquer cette hausse ?

Une enquête de la Drees menée en 2007 relève qu’environ 2/3 des femmes ayant recours à l’IVG utilisaient une méthode contraceptive mais qui n’avait pas fonctionné (oublie de pilule ou accident de préservatif…). Pour tenter de réduire le nombre d’IVG il faut donc des méthodes fiables. Or, une enquête évoque plutôt une évolution inverse…

Selon l’enquête Fécond, menée en 2013 par l'Inserm et l'Ined et publiée en mai 2014, le défaut de couverture contraceptive est faible : seules 3% des femmes âgées de 15 à 49 ans, ni enceintes ni stériles et ayant des rapports hétérosexuels sans désir d’enfant n’utilisent aucune méthode contraceptive. Ce taux est stable depuis 2010. Mais selon la même enquête, les méthodes naturelles jugées peu efficaces ont pris le pas sur les méthodes fiables. Les techniques de retrait, d'abstinence périodique ou encore la contraception locale ont progressé de 3,4 points entre 2010 et 2013. Les raisons expliquées plus bas de ce glissement de mode de contraception chez une partie des femmes en âge de procréer vers des techniques moins efficaces explique probablement une fraction de la hausse du nombre des IVG constatée en 2013.

Evolution nombre IVG 2013

Selon de nombreux gynécologues, il reste d'autres raisons pour expliquer cette hausse :

La polémique très médiatisée sur les sur-risques associés aux contraceptifs hormonaux de 3ème et de 4ème génération déclenchée par la plainte déposée par une jeune femme contre le laboratoire Bayer.

Ce débat médiatique a eu plusieurs conséquences : La ministre de la Santé Marisol Touraine a décidé de dérembourser les pilules de 3ème et 4ème génération à compter du 31 mars 2013 et de retirer du marché la Diane 35, souvent prescrite comme contraception anti-acnéique (médicament entre temps remis sur le marché suite à une décision de l’agence européenne du médicament). Ces annonces ont provoqué chez de nombreuses femmes un sentiment de peur et de méfiance vis-à-vis de toute contraception hormonale. Parallèlement, l’interruption volontaire de grossesse devient totalement gratuite pour toutes les femmes et a probablement contribué aussi à la hausse du nombre d’IVG…

Cette polémique a conduit sans doute également, à tord ou à raison, à un changement dans les habitudes de prescription de certains praticiens pour favoriser les pilules contraceptives de 2ème génération ou le stérilet. Pour finir, sous le coup de la panique, de nombreuses femmes ont brutalement souhaité changer de mode de contraception voir même ont arrêté toute contraception du jour au lendemain…

Une dernière explication avancée par la Dress est «l'augmentation en 2013 de la rémunération des établissements hospitaliers qui pratiquent un IVG». La revalorisation des IVG chirurgicales aurait donc selon elle participé à la hausse du nombre des avortements volontaires...

 

A lire aussi

 

Sources

DREES Juin 2014

ARS : IVG dossier - guide

ARS : IVG hors établissements de santé

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